Bonne Nuit du RM
25 mars 2008 – Jour de la réélection
Chers confrères,
je sens que je dois remercier le Seigneur pour cette journée. Je considère cette réélection comme une preuve de son amour pour moi. En gardant toujours présent à l’esprit que la Congrégation, la FS, les jeunes sont à lui, et non à moi, qu’ils me sont seulement confiés et qu’ils me sont confiés non pas pour ma fiabilité, mais parce qu'il m’aime et veut me placer là où je puisse vivre ma vie au service des autres. C’est la façon qu’a Dieu de nous aimer : en nous donnant des personnes à aimer, dont nous devons prendre soin, et autour desquelles organiser notre vie.
Je suis entré dans ce Chapitre avec une grande liberté intérieure : je ne considérais pas comme acquis de devoir être réélu. J'avais partagé ce sentiment avec le Conseil Général, en nous rappellant que nous avions été élus pour 6 ans, et donc que l'Assemblée pouvait librement confirmer quelques charges ou non. Et cette liberté intérieure, personnellement, m'a fait du bien, parce que ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. Je me suis fait salésien pour être avec les jeunes, pas pour être RM : ceci est un service, et je cherche à le remplir du mieux que je peux.
Je désire vous remercier tous, en tant qu’Assemblée, parce que Dieu parle à travers vous. Le Père Arnaiz disait que il n'y pas de connexion directe avec Dieu; par conséquent, il faut rechercher sa volonté et, dans cette recherche, sont impliquées un ensemble de libertés : la liberté de Dieu, la liberté de chacun de nous, et la mienne. Je vous remercie, et je pense que le vote par lequel j'ai été élu, si unanimement, me donne d'abord une grande confiance, parce qu'il montre clairement le sens d’unité de notre Congrégation. Je ne comprends pas ce consensus comme une valorisation du travail effectué dans le sextennat – du genre : "On ne change pas une équipe qui gagne”: je le comprends plutôt comme un grand acte d’amour envers moi, Provinciaux, Délégués et Invités, un grand acte d’amour envers don Bosco, et donc envers le RM : de cela, je vous remercie, et naturellement je tâcherai de ne pas vous décevoir.
L'expérience vécue aujourd'hui est très différente de celle d’il y à six ans. Je ne pensais absolument pas alors pouvoir être RM. Deux ans avant d’être élu - je l'ai confié plus d’une fois -, j’avais entamé un chemin spirituel de conversion. Je ne sais pas pourquoi, mais le Seigneur m'avait fait sentir ma médiocrité, et je m'étais décidé à faire mieux. Un livre m'a été alors d’une grande aide: "Opportunité ou tentation?", un texte visant le discernement spirituel. Lorsque j'ai vu, il y a six ans, la liste, comme celle présentée aujourd'hui par le Père Arnaiz, énumérant les qualités demandées au candidat RM, et que j'ai vu aussi mon nom parmi les autres, j’ai pensé "Très bien, ce n’est pas pour moi!" et j’ai dormi la conscience tranquille. Le lendemain, par contre, lorsqu’on nous a dit : "Voici la liste, mais maintenant vous devrez indiquer un seul nom", et que j’ai constaté que mon nom apparaissait en première place, alors j’ai pris peur. Je me rappelle que j’ai couru dans ma chambre, pour me me recueillir, en me demandant : "Qu’est-ce que çà veut dire? Est-ce une opportunité ou une tentation ? Si c’est une opportunité que le Seigneur m'offre pour être plus à lui, alors cela vient de Dieu et me rapproche encore plus de lui! Mais si c’est une tentation pour satisfaire mon ego, le désir inconscient de pouvoir, de reconnaissance ? Alors, cela ne viendrait naturellement pas de Dieu et ne m’en rapprocherait pas!”
Cette fois, j'étais - et je suis -, plus conscient de ce que signifie être RM. Peut-être, si je l’avais su il y a six ans, n'aurais-je pas accepté. Aujourd'hui j'ai une plus grande conscience des grands défis que nous avons comme Congrégation. Défis qui proviennent du monde, donc extérieurs, des différents contextes sociaux, economiques, politiques, religieux, culturels; mais aussi défis qui viennent de l'intérieur même de la Congrégation.
En connaissant toujours plus la Congrégation, je sens que je l'aime, et cela, de plus en plus! Et la Congrégation est présente en chacun des confrères.
Tout cela ne me rend pas aveugle devant les grands problèmes, nos grandes faiblesses et nos déficiences. C’est pourquoi je sens vraiment le besoin de compter sur la Grâce de Dieu, sur la Grâce d'état, comme je l’ai expérimenté ces six dernières années, et je lui fais toute confiance, autrement je n'aurais pas accepté.
Je sens pouvoir compter aussi sur la coresponsabilité des confrères, à commencer par le Conseil. Je peux vous dire que le groupe qui a été à mes côtés pendant le sextennat a donné le mieux de lui-même, en m'assistant dans l’animation et la gouvernance de la Congrégation. Nous avons cherché à travailler de manière responsable pour remplir notre mission.
Naturellement je compte beaucoup sur la prière des confrères et sur la collaboration interne.
Hier, lorsque nous avons entamé le discernement, je m’y suis livré moi aussi. J'ai cherché à vivre intensement la journée sans autre préoccupation (ces quelques mots, je ne les ai préparés que ce soir), en me laissant éclairer par l’homélie du Père Arnaiz.
Si vous vous rappelez bien, le père José Marie, dans l'homelie, nous invitait à réfléchir sur le type de RM dont la Congrégation a besoin aujourd'hui et, à la suite, il illustrait les grandes vertus théologales.
Il disait que la Congrégation a besoin d'un homme capable de raviver la foi, c'est-à-dire capable d'animer, de rappeler la fidélité de Dieu à la Congrégation et la fidélité que la Congrégation doit à Dieu ; renforcer l'espoir, c'est-à-dire la certitude de la présence de Dieu dans l'histoire personnelle, dans celle des Provinces et de la Congrégation, la conscience qu’elle n’est pas notre seule tâche, mais celle de tous ceux qui s’en font les collaborateurs, et la conviction, surtout, de la victoire du bien sur le mal, pour ne pas céder à la tentation de penser que "le mal est plus fort de bien". Ceci ne veut pas être une attitude psychologisante, mais bien plutôt une vertu théologale.
Et finalement, disait le Père Arnaiz, la Congrégation aujourd'hui a besoin d'un homme en mesure de ré animer la charité, c'est-à-dire capable d'aimer.
Peut-être l’un des dons les plus grands que le Seigneur m' accordés est vraiment celui-ci : aimer tout le monde, aimer, et en même temps me sentir beaucoup aimé.
Je me sens beaucoup aimé, beaucoup aimé des confrères. Il y a six ans, lorsque j'ai été élu RM, souvent en m’adressant aux groupes, je disais "je vous aime plus que tout au mondre ! (vi voglio[un mondo di] bene) " : peut-être pensaient-ils que je ne connaissais pas très bien l'italien, et donc que je ne savais pas ce que signifie dire "je vous aime (vi voglio bene)". Il est vrai que je ne connais pas encore très bien l’italien, cependant lorsque je dis "je vous aime", cela signifie vraiment que je vous aime! C’est quelque chose que beaucoup ont pu expérimenter, en particulier les confrères et les jeunes.
Hier nous avons reçu, aussi une autre invitation : entretenir une constante prédilection pour les plus pauvres. C’est une chose que j’ai beaucoup à coeur. Si je désire quelque chose en particulier, c’est "ramener la Congrégation aux jeunes les plus pauvres", et je voudrais essayer de vous expliquer pourquoi. Il y a dans l'Évangile une parabole qui me fait grand peur : la parabole du pauvre Lazare et du mauvais riche. Il s’agit du moment où le riche ne peut plus passer d'un côté à l'autre ! Il y a toujours dans la vie un point de non retour et j'ai peur qu’un jour la Congrégation n’arrive à ce point-là! Ceci comme Congrégation, comme Provinces et comme Comunnautés. C’est un aspect qui, personnellement, me tient beaucoup à coeur.
Le Père Arnaiz parlait aussi , dans son homélie, des qualités humaines du RM dont a besoin la Congrégation. Il disait qu'il serait utile d’avoir un homme qui possède une grande motivation pour vivre le charisme salésien, une vaste vision pour aller partout comme s’il voyait l'invisibile. Je ne sais pas si vous savez que c’était le motto de mon ordination. Avant qu’elle ne soit appliquée à don Bosco - dans l'actuelle formulation des Constitutions -, lorsque j'ai été ordonné en 1973, j’avais choisi cette phrase comme devise sacerdotale : "Comme s'il voyait l'invisibile, il resta ferme dans la foi" (He 11, 27).
Le Père Arnaiz nous suggérait encore de choisir un homme qui donne à la Congrégation une direction, qu'il l’aide à prendre une route... Tout cela faisait naître en moi la pensée : "Je ne suis pas celui-là ! Cela demande beaucoup plus au RM ". Je me retrouvais par contre lorsqu’à la fin il énumérait les conseils au RM : il nous rappelait qu’on n'élit pas les meilleurs à ce poste ! De cela, je suis très conscient. Je ne suis pas le meilleur, comme SDB, ni le plus intelligent, ni celui qui connaît et aime le plus don Bosco. Il y a tant de confrères vraiment saints, qui se distinguent pour tant de choses.
J'ai été élu parce que le Seigneur l’a voulu ainsi. Allez lire dans l'Évangile le récit de la dernière rencontre de Pierre avec Jésus à la fin de chapitre 21 de Jean, vous verrez que Pierre n'était pas fiable, surtout après avoir renié Jésus par trois fois! Pourtant, c’est à Pierre que Jésus confie les siens.
Je suis conscient du fait que le Seignore choisit ceux qu’il veut, et qui peuvent dormir la nuit. Ah cela oui ! Le soir, avant d'aller dormir, ma prière, c’est toujours le texte de Luc et de Matthieu : "Venez à moi, vous qui êtes fatigués et oppressés, et je vous donnerai le repos. Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur". Et ceci me libère de la tension avec laquelle je pourrais vivre tant de situations problématiques qui se arrivent chaque jour au bureau du RM. Grâce à Dieu, je dors bien, même si je dors peu, non parce que j’ai des soucis, mais parce que c’est maintenant devenue une habitude.
Quand nous sommes revenus ici, après l'Eucharistie, et que nous avons identifié les défis que la Congrégation doit affronter, je m’y suis retrouvé parfaitement : je reviens aux jeunes, le renouvellement de notre sainteté, l'approfondissement du charisme de don Bosco, l'attention à la formation et l’évangélisation dans les différents contextes. Ce sont plus ou moins des choses que j'avais citées dans le discours d'ouverture du CG26, et aussi dans ma Relation sur la vision globale de la Congrégation.
Lorsque, par contre, nous avons fait la liste des qualités requises par les Capitulaires, je me suis dit en moi-même : "Eh bien, où va-t-on trouver un homme qui a toutes ces qualités ? Cet homme n'existe pas ! Et encore, heureusement que les Capitulaires n'aient pas pensé au RM, mais à don Bosco!" Et vous avez bien fait: cela signifie que le point de référence, c’est lui, et que mon devoir est de chercher à m'en rapprocher toujours plus. Il me plaît à ce point de souligner la circonstance dans laquelle j'ai été réélu : c’est d'abord le jour de l'Annonciation, le 25 Mars.
Ce matin, après m'être vite levé, comme.d’habitude, j'ai commencé le Regina Coeli (que l’on substitue à l'Angelus en cette période de Pâques): je réfléchissais à cette fête, et disais au Seigneur : " Tu m'appelles de nouveau à personnifier don Bosco en un moment historique qui sera marqué par de grandes opportunités de renaissance spirituelle et d'élan apostolique."
Je pensais en premier lieu à 2009, au 150° anniversaire de la fondation de la Congrégation salésienne. J’ai été très ému ces jours en lisant la vie de don Rua. Quand il avait 12 ans, il ne fréquentait pas l'oratoire de don Bosco parce que ce n'était pas considéré un "milieu assez sûr". Sa maman l'avait confié aux Frères des Écoles Chrétiennes, et un jour don Bosco, qui s’y rendait souvent, alors qu’aux autres garçons il distribuait des images des saints, il fit à Michel Rua un signe étrange, comme s’il voulait se couper la main ; signe que Michel, évidemment, ne comprit pas. Finalement, en 1850, Michel Rua entra à l'oratoire et entama un cheminement personnel. Le 26 janvier 1855, don Bosco rassemble 4 garçons et commence à les faire réfléchir sur la vocation. Michel Rua lui avait déjà demandé des explications sur ce fameux signe, et don Bosco lui avait répondu : "Moi et toi, nous devons tout partager en deux". Bien! Et le 25 Mars 1855, à la même date qu'aujourd'hui, don Bosco appela dans son bureau Michel Rua, encore jeune séminariste, et il lui fit faire des voeux privés, sans aucune temoin.
Qui aurait pensé qu'ainsi, pratiquement, naissait la Congrégation ? Le 18 décembre 1859, don Bosco fonde officiellement la Congrégation en lui donnant une structure très claire : un Recteur, qu’il est lui-même, un Préfet qu’il ne fait élire, mais nomme lui-même, don Alasonatti (il craignait en effet que les jeunes ne l'élisent pas, alors il s’en réserva la nomination directe) et un Catéchiste. Là, il laissa aux jeunes la charge de choisir celui qu’il considérait comme la figure la plus importante, le Catéchiste, précisément : ils élirent un sous-diacre: Michel Rua. Et de suite après, les trois membres du Conseil, parmi lesquels Cagliero.
Je m'émeus lorsque je pense à ce don Bosco : je vois un homme qui se laissait guider par l'Esprit, qui était convaincu d'une mission que le Seigneur lui avait confiée, qui avait besoin d'en impliquer d’autres dans son aventure. La grandeur de don Bosco est bine connue : il commence son oeuvre en faisant de ses garçons des partenaires, ses collaborateurs les plus significatifs et les plus immédiats. On raconte qu’à l'oratoire, il y avait un clerc plus âgé que Michele Rua. Et don Bosco, qui l’aimait beaucoup et lui faisait confiance, lui avait confié le soin des internes. Ces mêmes garçons aimaient beaucoup don Rua, parce qu'ils le tenaient pour une véritable image de don Bosco. Je pense que la vraie grandeur de don Bosco a été de faire de ses garçons non seulement des collaborateurs, mais ses "confondateurs" !
C’est pourquoi, j’ai un peu peur, quand nous parlons de l'urgence des vocations! Car n'avons pas le courage de faire ce que faisait notre Père : mettre les jeunes au centre, en faire des partenaires : voilà la grandeur et l'unité de la Congrégation.
Souvent je me demande pourquoi le RM est tant aimé partout dans le monde salésien? Pourquoi la Congrégation n’a pas connu de division après 150 ans ?
Parce que ses fils, qui en ont hérité, l'ont reçue comme un patrimoine inestimabile et ils ont réussi à la rendre stable, en suivant attentivement les traces et l'intuition de don Bosco qui croyait dans les jeunes, en en faisant vraiment des partenaires, coresponsables non seulement de leur propre éducation, mais capables de prendre en main le destin du monde et de l'histoire. C’était la conviction de don Bosco : un de ses garçons a été son premier successeur. Une second a été le premier Évêque et ensuite Cardinal, un autre enfin a été le Saint non martyr plus jeune. Voilà ce que faisait don Bosco!
Exactement ! Tout a commencé un 25 Mars, comme aujourd'hui : don Bosco appela un jeune, Michel Rua. Qui aurait pensé que cet évènement aurait changé l'histoire de milliers et de milliers de jeunes ?
Je veux vous lire ce message que j'ai reçu, entre les centaines d'email qui m’arrivent.
"Très cher RM, c‘est Piero, un “ragazzo” de l'oratoire de Schio (Vicenza) qui a eu l'occasion et la chance de vous rencontrer deux ou tois fois. La première fois, quand vous nous avez fait cette visite surprise où nous avons échangé quelques mots; la seconde, lorsque je suis venu chez vous à Rome, avec mes amis du Mouvement Salésien des Jeunes en novembre 2007, et nous avons mangé à la même table... Je vous écris d'abord pour vous féliciter pour votre réelection comme RM. Je ne comprends pas encore grand chose aux Constitutions ni au reste, mais quand j'ai lu que mardi 25 Mars, c'est-à-dire aujourd'hui, aurait lieu l'élection du successeur de don Bosco, j’ai eu un peu peur : je ne savais pas que vous pouviez n’être pas réélu, et donc n’être plus notre don Bosco aujourd'hui. – Heureusement, j'ai demandé à un SDB de l'oratoire qui m'a dit : "Du calme, sois certain qu'ils le rééliront!". Alors je me suis rasséréné jusqu'à aujourd'hui, lorsque j'ai vu l'annonce sur le site du MGS. Je suis content que vous puissiez être notre chef pour six ans encore. J'ai lu et j’ai compris dernièrement que votre plus grand désir est toujours de revenir aux jeunes. Votre travail me plaît et ce que vous faites pour nous, les garçons du don Bosco du troisième millénaire. Je vous souhaite d’aller de l’avant, de pouvoir agir toujours plus, et de faire agir votre Congrégation, comme aux origines, au 19ème siècle. On en a besoin, et moi, à ma petite mesure, je sens le désir de connaître toujours plus celui qui m'a fait tomber amoureux de Jésus."
Vous entendez comment un garçon parle de Don Bosco ? ! La voilà, la grandeur de don Bosco. Voilà pourquoi cette circonstance de l'élection en ce 25 Mars est très significative pour moi!
Je voudrais terminer cette bonne nuit, en vous disant de quoi peut dépendre l’avenir notre congrégation, et pas seulement pour le sextennat à venir.
D'abord d’un amour pour don Bosco et pour les jeunes qui se traduise par une totale disponibilité pour la mission. Totale disponibilité. Il est très beau de se rappeller ce que don Viganò disait à un Provincial en fin de mandat : "Viens ici, à l’UPS!" ; et à la fin de cet autre sextennat : "Va maintenant à cette autre Province!" ; et ensuite:"Je t’envoie comme Délégué ailleurs". Ce même ex-Provincial, lorsque je l'ai appelé au téléphone pour lui dire: "J’ai besoin de toi", la réponse a été : "Dis-moi où je dois aller!". "J'ai besoin de toi en Turquie..." Et lui : "Quand dois-je y aller?"
Voilà, chers Confrères, ce qui fera la grandeur de la Congrégation : la disponibilité pour la mission. À tous les niveaux. Ici, parmi vous, certains, appelés par moi en tant que RM, pour s’entendre dire que la Congrégation était en grand besoin ici ou là dans le monde, ont répondu simplement et avec pleine disponibilité : "Si le RM pense que... Si don Bosco demande que... ". Plus d'un confrère m'a dit : "J'ai tant travaillé à ma vie académique, que je me puis me rendre disponible pour la Congrégation aujourd'hui ; peut-être puis-je la servir plus directement d’une autre façon." La grandeur de la Congrégation a été relevée encore par toute une foule de SDB qui ont vécu une absolue disponibilité pour la mission.
Une deuxième chose me semble très importante à côté de cette grande mentalité missionnaire: cultiver comme don Bosco une unique grande préoccupation, celle de la gloire de Dieu et du salut des âmes. Ne rien chercher d’autre. La gloire de Dieu et le salut des âmes. C’est l'expression qui pour don Bosco résumait tout et constituait le coeur de son élan apostolique et missionaire. Elle devrait être la mission phare, qui chaque jour nous fait lever au matin et nous pousse à travailler infatigablement. Et ainsi jour après jour.
Enfin, une existence vécue avec la conscience que nous sommes habités par l'Esprit, que nous sommes appelés à vivre intensement la spiritualité salésienne: cette même spiritualité qui a été aussi féconde dans notre histoire. Il suffirait en effet de se rappeller combien de membres de la FS, en vivant cette spiritualité en vérité, sont parvenus à la sainteté.
Voilà ce je voulais vous dire, Chers Confrères.
Je vous remercie de tout coeur et je vous souhaite "Bonne nuit".
Rome, 25 Mars 2008
Don Pascual Chávez